Comme je l'évoquais dans un autre article, il existe une grande diversité de situation derrière les termes autisme, TSA (troubles du spectre autistique) ou TED (troubles envahissants du développement). Diversité car tous n'ont pas la même capacité à communiquer par exemple (certains parlent, d'autres non). Au sein de cette diversité, un certain nombre de profils se dessinent, décrits dans plusieurs classifications.

La CIM-10 est un classement international des maladies. C'est la classification officielle. 

La DSM-IV-TR est la classification américaine. 

La CFTMEA-R est la classification française des troubles mentaux de l'enfant et de l'adolescent, les troubles envahissants du développement y sont appelés des psychoses précoces, les différentes formes d'autisme sont donc classées parmi les psychoses comme la schizophrénie et les troubles délirants... 

Voici ce qu'explique Ninon Legendre dans son témoignage :

" la CIM-10 considère l’autisme comme un déficit. Il s’agit donc d’aider l’enfant, grâce à une prise en charge éducative adaptée, à compenser ce déficit pour lui permettre d’entrer dans la relation. Cette classification reconnaît l’autisme comme un handicap.

A l’inverse, la CFTMEA considère qu’il existe, à la base, un problème dans la relation, et qu’il faut régler ce problème avant de s’occuper de l’éducation de l’enfant. Cette classification considère que les troubles de mon enfant relève de la santé mentale – et non du handicap. Dans ce cadre-là, l’orientation la plus généralement proposée est l’hôpital psychiatrique pour enfants."

Voici les principales catégories que l'on trouve dans la CIM-10 :

  • L'autisme infantile se caractérise par un développement anormal avant 3 ans touchant trois domaines : interactions sociales, communication et comportements restreints, stéréotypés et intérêts limités. L'enfant autiste peut aussi avoir des phobies, des troubles du sommeil, des comportements agressifs et des problèmes d’alimentation. etc etc. Cette catégorie doit à peu près correspondre à l'autisme de Kanner.
  • Le syndrome d'Asperger se caractérise aussi par des altérations des interactions sociales, un répertoire d'intérêts restreint, stéréotypés et répétitifs, mais même si tous les aspects de la communication ne sont pas compris, il n'y a généralement pas de déficit de langage, au contraire on pourra trouver chez les personnes ayant un syndrome d'Asperger un langage soutenu, voire "pédant"... en fait "décalé", comme ma fille qui peut s'adresser à un tout petit garçon en lui disant "bonjour jeune homme"... Certaines personnes ayant le syndrome d'Asperger sont précoces.
  • Et puis il y a l'autisme atypique, ou TED-NoS = TED-NS (TED Non Spécifié) : on y classe les enfants présentant un trouble du spectre autistique "différent", car il apparaît après 3 ans, et/ou car l'un des éléments de la "triade" caractéristique de l'autisme est moins altéré que chez un autiste "classique". J'aime bien cette citation de T. Attwoord (Le syndrome d'Asperger, guide complet) : "Le concept de puzzle de diagnostic peut aider à expliquer le terme diagnostic de Trouble Envahissant du Développement non spécifié (Pervasive Developmental Disorder Not Otherwise Specified - PDDNOS). Il décrit quelqu'un qui a beaucoup de fragments ou pièces du puzzle de diagnostic, mais comme atypiques ou en deçà du seuil de diagnostic. Pourtant, il y a suffisamment de fragments du Syndrome d'Asperger pour que l'on reconnaisse que la personne "y est presque" et qu'elle a besoin d'avoir accès à certains services à cause des pièces qui sont présentes." J'y reconnais bien mon p'tit ouistiti. Différent de sa soeur, mais...
  • Il y a aussi le syndrome de Rett et les autres troubles désintégratifs de l'enfance. Au début, le développement de l'enfant (généralement une fille) est normal... puis petit à petit les troubles apparaissent, perte du langage, de la marche, perte des mouvements volontaires des mains... Le tout souvent associé à un retard mental...