Afficher l'image d'origine

(image libre de droit du site pixabay.com)

Savon "solide" ou gel douche et savon liquide ? Personnellement, je choisis le savon "solide"...

Pensons écologie :

  • Gels douches et savons liquides contiennent beaucoup d'eau... Je n'ai pas réussi à trouver la différence d'eau consommée dans la production des gels douches et savons liquides par rapport à la production de savons "solides", mais il est hautement probable que les savons "solides" sont plus économes en eau que les gels douches et savons liquides. L'eau étant une ressource précieuse...
  • Un savon "solide" demande moins d'emballages, gel douche et savon liquide sont souvent dans des emballages ayant demandé une belle quantité de matières plastiques.
  • Le savon "solide" prenant moins de place pour une durée d'utilisation plus longue, non seulement c'est économique, mais en plus côté transports, on peut dans un même camion transporter plus de savons "solides" que de gels douches et savons liquides : donc pour chaque savon "solide", le "coût" environnemental du transport (consommation de carburant, rejet de CO2) sera donc moindre... tout simplement parce qu'on transporte moins d'eau !

Pensons santé ensuite. Comparons quelques compositions.

Un savon de Marseille "quelconque", marque de magasin :

  1. sodium tallowate... un dérivé du suif (graisse de ruminant), souvent de boeuf, qui a réagi avec de la soude : un agent nettoyant bon marché issu de la graisse de boeuf
  2. aqua : l'eau est le deuxième ingrédient
  3. sodium cocoate : un agent nettoyant qui provient d'huile de coco ayant réagi avec de la soude
  4. glycerin : d'origine synthétique, animale ou végétale, la glycérine (ou glycérol) est un hydratant
  5. sodium chloride : du sel
  6. sodium hydroxide : de la soude, utilisée pour transformer le suif et l'huile de coco en agents nettoyants
  7. etidronic acid : c'est un agent de chélation, c'est-à-dire une substance qui "séquestre" certaines substances, par exemple le calcium contenu dans les eaux calcaires, mais aussi les métaux lourds. L'acide étidronique remplace l'EDTA, mais d'après la fiche ineris, cette substance est à éviter comme l'EDTA : ces deux chélateurs sont difficilement biodégradables et se dégradent lentement une fois dans la nature (pour l'acide étidronique : 47% de dégradation après 148 jours), ils ne sont pas éliminés dans les stations d’épuration et atterrissent (avec les métaux lourds qu’ils ont fixés) dans les rivières et les lacs, ils sont donc polluants. La fiche ineris indiquée précise dans quelle mesure pour les végétaux et les animaux des milieux aquatiques (eau douce / eau de mer) et terrestres.

Un savon de Marseille traditionnel, estampillé "savon de Marseille garanti" :

  1. Sodium olivate : un dérivé de l'huile de l'olive qui a réagi avec de la soude pour obtenir un agent nettoyant de belle qualité
  2. Sodium cocoate : un agent nettoyant qui provient de l'huile de coco ayant réagi avec de la soude
  3. Aqua : l'eau est le troisième ingrédient
  4. Glycerin : il s'agit ici de la glycérine contenue naturellement dans l'huile végétale utilisée pour produire les agents nettoyants, il n'en reste que des traces
  5. Sodium chloride : du sel
  6. Sodium hydroxide : de la soude, utilisée pour transformer l'huile d'olive et l'huile de coco en agents nettoyants.

Un savon d'Alep, doit contenir de l'huile d'olive et de l'huile de baies de laurier ; voici la composition d'un savon d'Alep étiqueté "traditionnel"...

  1. Sodium oleate : agent nettoyant dérivé de l'huile d'olive
  2. Sodium linoleate : agent nettoyant qui peut provenir de l'huile de lin comme de l'huile de palme ou de coco...
  3. Sodium palmitate... agent nettoyant dérivé de l'huile de palme...
  4. Aqua : de l'eau
  5. Olea europaea oil : de l'huile d'olive
  6. Sodium linolenate : agent nettoyant qui peut provenir de l'huile de lin ou de colza, mais aussi de l'huile de palme...
  7. Sodium laurate : agent nettoyant dérivé de l'huile de baies de laurier... n'arrive ici qu'en 7ème position, il y en a donc moins que d'eau ou de dérivé d'huile de palme
  8. Sodium myristate : agent nettoyant qui peut être dérivé de l'huile de palme...
  9. Sodium arachidate : agent nettoyant dérivé de l'huile d'arachide
  10. Sodium hydroxide : de la soude, utilisée pour transformer les différentes huiles en agents nettoyants.
Le site de France 5 vous propose un article intéressant sur le savon d'Alep :
La Quotidienne - Savon d'Alep : attention aux arnaques !
Le savon d'Alep est le plus vieux savon du monde (3 500 ans), il est à l'origine de tout ce que nous connaissons aujourd'hui...
Voici par exemple la composition d'un véritable savon d'Alep, estampillé en arabe :
  1. sodium olivate : agent nettoyant dérivé de l'huile d'olive
  2. sodium laurate (40 % du total des huiles) : agent nettoyant dérivé de l'huile de baie de laurier
  3. aqua (5% environ) : eau
  4. sodium hydroxide : soude, traces provenant de la saponification.

Dans tous les cas, il n'y a pas de parfum ou de colorant (ce qui limite les risques d'allergie) ni de conservateur (ce qui limite le risque d'allergie, ce qui évite la présence de perturbateurs endocriniens...). La qualité des savons va dépendre de la qualité des huiles utilisées...

  • Les propriétés du savon d'Alep dépend de la teneur en huile de baie de laurier, aux vertus apaisantes, antiseptiques et désinfectantes. Les peaux grasses, avec acné, privilégieront les savons ayant plus de 25% d'huile de baie de laurier. Les peaux sèches, avec eczéma, les savons ayant moins de 15% d'huile de baie de laurier. 
  • A l'opposé, les graisses animales (sodium tallowate...) ont la réputation de boucher les pores, empêcher la peau de respirer, entraîner des boutons, des rougeurs… à éviter !
  • Et l'huile de palme ? Comme le suif, elle est bon marché. Le problème en ce qui concerne son utilisation en cosmétique est avant tout l'impact environnemental : pour la produire, les industriels remplacent les forêts primaires par des monocultures de palmiers à huile. Cette déforestation de masse engendre d'une part une augmentation significative des gaz à effet de serre, et d'autre part détruit le milieu de vie d’espèces animales d'où menace d'extinction en Indonésie de l'orang-outan, le rhinocéros de Sumatra, le tigre de Sumatra et l'éléphant de Bornéo.

Il faut aussi faire attention au taux de soude utilisé : c'est normal qu'il y ait de la soude, c'est ce qui permet de transformer les huiles en savon, mais il doit n'en rester que des traces (donc il doit figurer en dernière position de la liste des ingrédients), car s’il est en trop grande quantité, le savon va assécher la peau et l’agresser.

Et les savonnettes ?

Voici par exemple la composition d'une savonnette "bio" d'une marque de distributeur :

  1. sodium palmate : agent nettoyant issu de l'huile de palme
  2. sodium cocoate : agent nettoyant issu de l'huile de coco
  3. aqua : de l'eau
  4. glycerin : de la glycérine
  5. parfum : les parfums peuvent provoquer des allergies...
  6. prunus armeniaca kernel oil : de l'huile de noyau d'abricot
  7. sodium chloride : du sel
  8. tetrasodium glutamate diacetate : cette substance a un rôle de chélateur comme l'acide étidronique ou l'EDTA, mais elle est autorisée dans les cosmétiques "bio" car il s'agit d'un dérivé biodégradable (donc non polluant) de... l'huile de palme.
  9. limonene : c'est une molécule aromatique d'origine synthétique ou naturelle, qui apporte une odeur d'orange ; elle est classée par la réglementation cosmétique parmi les 26 substances aromatiques obligatoirement étiquetables du fait de son caractère allergène.
  10. linalool : comme le limonene, c'est une substance aromatique, présente dans de nombreuses huiles essentielles et eaux florales, classée parmi les substances obligatoirement étiquetables du fait des risques d'allergie.

Par rapport aux savons de Marseille et d'Alep, les savonnettes sont parfumées... ce qui n'est pas sans risque d'allergie.

Quant aux savons liquides...

En voici un joli, qui fait rêver, "bleu lagon", marque de distributeur... Il ne fait rêver que si on regarde le côté "joli" de l'étiquette, avec sa belle image, son annonce "peau sensible", "hypoallergénique", "impact environnemental réduit"... Il a l'air bien ce savon liquide ! Mais de l'autre côté... les précautions d'emploi font déjà moins rêver : "ne pas utiliser chez les enfants de moins de 36 mois. Conserver hors de la portée des enfants." En ce qui concerne la composition :

  1. Aqua : l'eau est le premier ingrédient.
  2. Sodium laureth sulfate : c'est un tensio-actif industriel, ce qui va former une belle mousse et faire croire qu'on se lave les mains en douceur... en réalité, ça assèche et irrite la peau. Je n'ai pas été regarder plus loin ce qui se cache derrière ce tensio-actif, qu'il s'agisse des procédés de production ou des autres effets négatifs éventuels pour la santé...
  3. Glycerin
  4. Sodium chloride : du sel
  5. Cocamidopropyl betaine : un autre tensio-actif...
  6. Parfum : risque d'allergie
  7. sodium benzoate : un conservateur... peut-être allergène, peut-être cancérigène, peut-être peut-il contribuer à l'hyperactivité des enfants... je n'ai pas trouvé de site fiable concernant les effets de ce conservateur.
  8. PEG-200 hydrogenated glyceryl palmate : un dérivé du polyéthylène glycol (PEG). Voici ce qu'on peut lire sur wikipedia : "Le PEG n'est pas biodégradable mais bio éliminable par filtration rénale. Le PEG est un produit dont les effets de toxicités sont connus."... à éviter donc.
  9. citric acid : de l'acide citrique
  10. potassium sorbate : encore un conservateur
  11. PEG-7 glyceryl cocoate... encore un "PEG" à éviter
  12. sodium hydroxide : la soude
  13. phenoxyethanol : un troisième conservateur. D'après le site consoglobe.fr, le phénoxyéthanol est allergisant, il peut provoquer de l’eczéma et de l’urticaire, il serait également porteur de risques cancérigènes, de fertilité pour l’homme et de toxicité pour le foetus, mais surtout sa toxicité pour le foie a un seuil difficilement atteignable pour les adultes, mais facilement atteinte chez les moins de 3 ans (les substances contenues dans les savons peuvent franchir la barrière cutanée, tous les produits chimiques sont digérés par le foie, mais certains peuvent provoquer une toxicité pour cet organe)... voilà pourquoi on ne doit pas utiliser ce savon liquide chez les jeunes enfants et les bébés !
  14. nelumbo nucifera flower water : de l'eau florale de fleur de lotus... en 14ème position, il y en a vraiment très peu, juste de quoi faire rêver...
  15. Cl 42090 : un colorant bleu
  16. Cl 19140 : un colorant jaune... l'association des deux colorants permet d'obtenir la jolie couleur du savon liquide. Problème : d'après le site leflacon.free.fr, il y a des risques d'allergie au colorant jaune, surtout pour les personnes allergiques à l'aspirine...

... Dans les savons liquides et les gels douches, vous trouverez forcément des conservateurs dont les effets peuvent être nocifs. Il y a généralement des parfums, qui peuvent provoquer des allergies. Il y a parfois des colorants, certains peuvent provoquer des allergies. Quant aux tensio-actifs utilisés, certains peuvent être très décapants.

Donc, que ce soit pour des raisons écologiques / développement durable, pour des raisons économiques, ou pour des raisons de santé, privilégions les savons "solides" ! En n'oubliant pas de toujours lire les étiquettes... Je résume :

  • Très bien :
    1. sodium olivate dérivé de l'huile d'olive
    2. sodium laurate dérivé de l'huile de baies de laurier
  • présence normale :
  1. aqua : eau
  2. sodium hydroxide : soude
  • "bof"
  1. les graisses animales (sodium tallowate...)
  2. les dérivés de l'huile de palmesodium palmateSodium palmitate, tetrasodium glutamate diacetate...
  3. attention aux parfums, limonene, linalool... qui peuvent être allergisants
  4. attention aux colorants (Cl...) qui peuvent être allergisants
  • "à fuir"
  1. Sodium laureth sulfate et, surtout, sodium lauryl sulfate : tensio-actifs industriels, irritants.
  2. les conservateurs, souvent nocifs pour la santé : sodium benzoate, (un libérateur de formaldéhyde, de même que diazolidinyl urea, imidazolidinyl urea, methenamine et quarternium-15), les parabènes, le triclosan... et il en manque sans doute à ma liste !
  3. les chélateurs non biodégradables donc polluants : EDTA et etidronic acid

Je vous conseille ce document :

Et pour se laver les cheveux ? De même qu'il existe savon "solide" et savon liquide / gels douches, il existe des shampoings "solides" (qui ressemblent à un savon) et des shampoings liquides "classiques". Pour trouver un shampoing "solide", il faut aller dans un magasin bio... mais on peut aussi utiliser du savon d'Alep. D'après ce que j'ai lu, le savon d’alep étant alcalin, il entraine l’ouverture des écailles du cheveu, on pourrait avoir des cheveux rèches et poisseux si on se les rince à l'eau ; pour éviter cela, il faut se rincer les cheveux à l'eau froide vinaigrée ou citronnée (1 cuillère à soupe de vinaigre ou de jus de citron dans 1,5 L d'eau). En procédant ainsi, on obtient des cheveux doux et brillants, sans pellicule, et qui regraissent moins vite (on se lave les cheveux au plus 2 fois par semaine).

 

Pour finir, un blog intéressant sur la fabrication du savon :

Faire son savon soi-même

Voici un pas-à-pas consacré à la fabrication de savon maison, ou comment faire son savon soi-même. Un tutoriel détaillé et en image comme j'aurais aimé en trouver un sur le net lorsque j'ai commencé en savonnerie. Il vous apprendra la technique de la saponification à froid, c'est à dire que la pâte à savon n'est pas chauffée par une source de chaleur extérieure.

http://revonssavons.fr